Je m’rappelle du village d’enfance qui aurait pu nous appartenir, tellement on était nombreux à y porter le même nom.

Je m’rappelle de Titus, le plus beau chien du monde parce que c’était le mien et que je promenais fièrement, une corde à sauter au cou.

Je m’rappelle de Charlotte et Chocolat, félins susceptibles dont je porte encore à ce jour l’amour dans ma chair.

Je m’rappelle de la comète, une nuit d’été, le nez dans les étoiles.

Je m’rappelle de l’arrivée dans la « grande » ville, carte de bus et liberté.

Je m’rappelle de la fac et de ma section, la seule qui ne faisait jamais de soirées étudiantes.

Je m’rappelle de Mister Man, le fessier moulé dans sa petite tenue d’étudiant infirmier, croisé dans un couloir d’hôpital, ajout non négligeable à ma fiche de poste.

Je m’rappelle de notre premier été, où le soleil avait rencontré la lune en plein jour, histoire de faire un petit souvenir.

Je m’rappelle du premier appart’, cinq étages sans ascenseur, avec boîte de nuit intégrée à l’étage du dessous.

Je m’rappelle des deux avions dans les deux tours et des quarante huit heures passées devant la télé.

Je m’rappelle de Loki, déesse-chat de la destruction, qui a joué à l’écureuil volant une nuit de canicule.

Je m’rappelle du grand jour, des cotillons plein le corsage, le cul dans la brouette, bien décidée à ne pas me coucher avant d’avoir vu le jour se lever sur ce nouveau chapitre.

Je m’rappelle de Mister Pachou, petite paupiette fraîchement déballée, qu’on a réussi à maintenir en vie malgré nos maladresses d’ados attardés.

Je m’rappelle de Miss Carotte, deux ans, futur Kate Moss en bottes roses et mini short, son grand sourire sous les bouclettes.

Je m’rappelle del Gato Figaro, AKA la vache, que seul Mister Pachou avait le droit d’approcher et qui a rejoint ses frères et soeurs trop tôt.

Je m’rappelle de ma Luna d’amour, le chat peluche, qui se réinstallait tranquillou bilou sur mon flanc si j’avais le malheur de bouger la nuit.

Je m’rappelle de l’emménagement dans la nouvelle maison et de la rayure de trente centimètres sur le parquet fraîchement posé.

Je m’rappelle des bons mots des monstres-aux-plantes postés sur Facebook, pour ne pas risquer d’en perdre la trace.

Je m’rappelle des anniversaires sur la terrasse, les trois paires de grands-parents confortablement calés dans les fauteuils du salon sortis pour l’occasion.

Je m’rappelle des soirées d’été sur la place, tables et barbecues postés sous les lampadaires, la fête des voisins version hebdomadaire.

Je m’rappelle du road-trip avec Miss Carotte pour aller récupérer son cadeau d’anniversaire, petit Tanuki de deux mois.

Je m’rappelle tous ceux qui ont croisé ma route et ont laissé leur marque, quelle qu’elle soit.

Je m’rappelle surtout de garder de la place dans ma tête de linotte pour tous les instantanés à venir, en espérant qu’ils soient aussi bien sinon mieux.

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Katia

Bloggeuse amateur & Ecrivain dilettante

Non, ce n’est pas moi sur la photo et c’est la raison pour laquelle j’écris et que je ne fais pas de vidéos.
Rêver sa vie ou vivre ses rêves ? J’avoue que je n’ai pas encore choisi. Et vous ?

Katia Lacourte

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