Pensées profondes d'une fille écervelée

Je ne voulais pas faire de politique sur ce blog, mais voici le deuxième post sur le sujet.

Je ne vous parlerai pas du 17 novembre. J’entends la colère sur les réseaux sociaux, je vois circuler les news, les fakes et les vraies et je garderai pour moi ma décision de participer ou non à cette journée de mobilisation.

Mon indignation politique est plus lointaine et pourtant si proche. Certains le savent, j’entretiens une relation amour-haine avec YouTube, avec les talk-show américains, avec CNN et MSNBC depuis les deux dernières années. Depuis l’élection de Donald J. Trump.

J’ai toujours eu ce sentiment de catastrophe imminente, du jour où il a annoncé sa candidature, en passant par son élection. Depuis, ce sentiment n’a cessé de grandir.

Que ce soit le personnage, qui a entretenu d’étroites relations avec la pègre new-yorkaise, qui est un raciste et un menteur invétéré et qui se sert de la fonction pour élever un culte à son image, ou ses décisions politiques qui sont en train de réduire le droit à l’avortement, le droit d’asile, les droits de l’Homme en général sur le territoire de la première puissance mondiale.

Tout en cet homme me révulse et pourtant, je continue inlassablement de maintenir le contact, comme pour garder trace de cette Histoire, notre Histoire.

Mon fils a fait hier un exercice « alerte intrusion », mis en place à juste titre à la suite des nombreuses attaques terroristes sur notre territoire. Il a immédiatement noté, au cours de l’exercice, que son professeur avait oublié de fermer la porte de la classe à clé et de barricader la porte. C’est officiel, mon fils et sa sœur vont à l’école en sachant qu’il existe une possibilité qu’ils se fassent tirer dessus. Et ils le vivent comme nous vivions l’alerte incendie. Une possibilité très éloignée de notre réalité.

Aux Etats-Unis, cette possibilité est on-ne-peut-plus ancrée dans la réalité.

Ce pays se définit comme la plus grande démocratie au monde et pourtant, au moment où la jeunesse américaine réclame la protection de son gouvernement, celui-ci ne se focalise que sur les mexicains, les honduriens, la communauté musulmane du monde entier, quand toutes les fusillades et autres actions terroristes sont perpétrées par des américains de souche.

Nous parlons d’un pays où, dans de nombreux états, les criminels ayant purgé leur peine n’ont plus le droit de vote, quel que soit le crime. Un pays où le gouverneur de Géorgie en course pour sa réélection était également en charge de superviser ladite élection. Un pays où un président peut être élu sans obtenir la majorité des voix des électeurs.

Pourquoi cela m’intéresse-t-il autant ? Les USA ont toujours dix ans d’avance sur nous, ce qui nous laisse peu de temps pour mener la contre-offensive contre l’obscurantisme et la mort de la démocratie qui croit rapidement dans les démocraties du monde entier.

La Hongrie, l’Autriche, l’Italie et maintenant le Brésil.

N’en déplaisent à certains, notre gouvernement actuel ne reflète pas (encore) ces deux points. Mais cela pourrait venir. Quoi que l’on puisse en dire, nous ne serons jamais à l’abri d’un revirement extrêmement droitier de notre pays. Dix ans d’avance, huit maintenant, nous parlons de présidentielles à venir. Quand Marion Maréchal LE PEN viendra à l’assault du pays, nos enfants seront en âge de voter. Auront-ils été informés du mal que ce type de politique peut faire ?

Ce matin, je me lève, l’esprit un peu plus léger, car les Démocrates reprennent la Chambre et seront en capacité de maîtriser La Bête. Mais la légèreté aura été de courte durée, La Bête ayant retiré hier son accréditation à un journaliste de CNN pour ne pas avoir posé la bonne question. Le premier amendement, qui garantit la liberté de parole, a maintenant des exceptions. Le journalisme en danger dans le pays des libertés.

L’Histoire continue à s’écrire et je continuerai à la suivre, jusqu’au jour où je me sentirai suffisamment en sécurité pour ne plus avoir à épier ce prédateur. Le totalitarisme n’est pas la panacée de la Russie ou de la Corée du Nord. Nous en sommes aujourd’hui les témoins et il serait sage de ne pas détourner le regard.

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Je n’ai jamais eu une âme d’auteure. Créer des personnes, leur inventer une vie sur des centaines de pages, cette simple idée m’épuise.

Mais raconter des tranches de vie et, surtout, tenter d’appréhender la psychée humaine, ça c’est un véritable kiff.

Et où commencer sinon dans ma propre tête, à partir de mes propres expériences.

Et peut-être que celles-ci parleront à certains, parce que même si nous nous imaginons uniques, nos expériences sont généralement universelles.

Alors vous qui passez ici, par hasard ou à dessein, n’hésitez pas à me dire si nous avons partagé une expérience commune. Parce que tout part de là !

- Katia