Le plus dur, dans une relation, c’est d’y définir sa place.

Est-on acteur ou spectateur ? Partie prenante ou Deus ex machina ?

Une relation, c’est une pièce de théâtre. Chacun y a son rôle à tenir pour que l’histoire puisse se dérouler. Chacun a son texte à apprendre, pour faire avancer l’intrigue.

Mais qu’arrive-t-il lorsque la pièce de théâtre se transforme en théâtre d’improvisation ? Quand les textes et les rôles disparaissent ? Qu’arrive-t-il quand on ne connaît plus son rôle, voire que l’on n’a plus de rôle du tout ?

Il n’y a rien de pire, à mon sens, que d’entrer dans une relation où l’on n’a pas sa place. Une pièce bancale, si l’on veut, où le scénario, dès le départ, fait apparaître des intrigues intenables, des échanges creux et des personnages trop intenses.

Des personnages intenses, il en faut. Mais, par nature, ces pièces sont des tragédies. Et personne n’est assez masochiste pour s’engager consciemment dans une tragédie. Enfin, personne… 

Le conscient, l’inconscient, tous ces egos se livrent une bataille sans merci pour tenir le devant de la scène, quitte à évincer les personnages secondaires, à les rayer de la distribution. Ce match pour la lumière est généralement vain et conduit généralement à la disparition de l’un ou l’autre des personnages.

Quelques fois, l’un des personnages principaux se retrouve à jouer les figurants. Il a beau tourner et retourner le script dans tous les sens, il lui est impossible de comprendre à quel moment l’intrigue a basculé. Il n’empêche, il n’a plus de texte, il ne fait plus que de rares apparitions et il y a fort à parier que le scénariste pense déjà aux différentes manières de le faire disparaître.

Quel avenir alors, pour ces acteurs déclassés qui n’ont su tenir le rôle et qui se sont fait évincer ?

Doivent-ils se battre, harceler le scénariste pour qu’il daigne leur redonner quelques répliques pour un acte supplémentaire ? Ou doivent-ils se résigner pour laisser une chance à l’histoire de repartir sur des bases plus solides et espérer ainsi l’accord de diffusion ?

Vaine question que celle-ci, quand la réponse est aussi simple. L’acharnement scénaristique est tout simplement inepte. Se leurrer à faire durer une narration bancale et mal construite n’est à l’avantage de personne. L’histoire n’en sortira pas plus belle, ses acteurs n’en sortiront pas césarisés.

Le fait est qu’un auteur se doit de comprendre quand son histoire ne fonctionne plus. Il est de son devoir d’y apporter les modifications nécessaires pour en faire, sinon un chef-d’oeuvre, au minimum un spectacle digne de ce nom… Voire digne tout court.

Sièges de théâtre en velours rouge

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Katia

Bloggeuse amateur & Ecrivain dilettante

Non, ce n’est pas moi sur la photo et c’est la raison pour laquelle j’écris et que je ne fais pas de vidéos.
Rêver sa vie ou vivre ses rêves ? J’avoue que je n’ai pas encore choisi. Et vous ?

Katia Lacourte

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