Ce soir, je voulais rendre hommage à l’homme de ma vie.

Je ne sais pas trop par où commencer, tant le sujet est vaste.

Énumérons : il est à mes côtés depuis presque vingt ans, deux enfants, quatre déménagements et autant de chats. Il m’a soutenu au travers de deux « presque » burn out et m’a laissé me reconstruire à de nombreuses reprises alors que lui en avait probablement plus besoin que moi.

Il supporte mes lubies et excentricités avec une patience infinie, là où d’autres m’auraient planté sans se retourner. Il se regarde le nombril quand j’arrête de regarder le mien, ce qui, j’avoue, ne lui en laisse pas beaucoup le temps.

Je lui ai fait découvrir les joies des films en VO, il m’a initié à la peinture de figurines. Je peins moins qu’avant, mais on ne regarde plus un film doublé à la maison. Il a supporté patiemment mes bousculades dans les files de ciné pour avoir la meilleure place et a même réussi à me guérir de cette lubie. Et surtout, on a développé ce lien télépathique qui fait que je ne peux pas avoir une idée sans qu’il ne la verbalise. Maman dit que ça vient du fait qu’on fonctionne de la même manière, mais je préfère l’explication la moins rationnelle et la plus fantaisiste… et ça le fait rigoler.

Sa mère est persuadé de m’avoir fourni un produit défectueux, pourtant, à la première cohabitation, c’est lui qui a mis le partage des tâches à l’ordre du jour. Je cuisine, il fait la vaisselle… il a vite compris son erreur, puis l’a réparé en achetant un lave-vaisselle. Aujourd’hui, je fais toujours la cuisine… j’ai l’impression de m’être fait couillonnée sur ce point, mais passons.

Il est la mère que mes enfants méritent, sans aucune moquerie ou sarcasme de ma part. Maman, ne lève pas les yeux au ciel, je me débrouille, mais il reste une meilleure mère que moi.

C’est l’homme qui a commencé à draguer ma mère à leur première rencontre, parce qu’il sait que c’est de cette façon qu’on s’attache durablement sa belle-mère.

C’est l’homme qui a mis six mois à s’adapter à mes blagues potaches et à mes sorties tonitruantes, mais qui s’est accroché, parce qu’il a dû y voir un potentiel.

C’est l’homme, enfin, qui m’a aidé à élever nos deux monstres-aux-plantes pour qu’ils puissent devenir les adultes décents qu’ils présagent d’être.

Il est la sagesse de ma folie, le calme de mes colères, l’organisation de mon désordre. Et quelques fois, on inverse les rôles, pour rompre la monotonie. Parce qu’un homme parfait, c’est d’un chiant.

Il est persuadé qu’il ne vaut rien alors qu’il est tout pour sa famille. Je me rends compte de la chance infinie que j’ai de l’avoir trouvé, mais je sais aussi qu’on ne reste pas autant de temps ensemble sans un minimum d’efforts, même si tout semble facile avec lui. On a quelques fois envie de s’étriper… moi du moins (!?) mais on se retient de dire des choses blessantes, parce qu’entre handicapés émotionnels, c’est comme ça que ça fonctionne.

Il a probablement des défauts, mais ils ne valent pas la peine qu’on les mentionnent.

J’ai encore tellement de choses à dire, mais de mauvaises langues diraient que je me vante… ils n’auraient pas totalement tort.

Il n’aimera pas que je parle de lui, alors je le fais dans son dos, comme pour toutes ces petites choses que je ne veux pas qu’il sache sur moi, pour ne pas qu’il m’aime moins.

J’ai conscience de n’avoir fait que gratter la surface de sa carapace mais j’espère qu’il me laissera au moins les vingt prochaines années pour tenter de percer son mystère. Le mystère qui fait que moi, enfant du divorce, j’ai recommencé à croire à l’amour éternel.

Partagez

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Articles similaires

Katia

Bloggeuse amateur & Ecrivain dilettante

Non, ce n’est pas moi sur la photo et c’est la raison pour laquelle j’écris et que je ne fais pas de vidéos.
Rêver sa vie ou vivre ses rêves ? J’avoue que je n’ai pas encore choisi. Et vous ?

Katia Lacourte

Mes favoris
EXPLOREZ