Lorsque j’écris, les mots sortent très facilement, je dirais même quelques fois trop facilement. Peu de réflexion entre en jeu, les mots se posent comme ils viennent, sans réel plan. Une phrase arrive et elle demande à être prise en compte, discutée et développée.

A la relecture, j’ai quelques fois des difficultés à savoir qui parlait. Etait-ce moi, mon être conscient, qui était parti sur une piste folle ou bien mon inconscient, trop heureux d’avoir enfin un espace de parole, qui prenait le pas et lâchait ses secrets ?

Je me pose la question car je n’ai pas toujours l’impression de me reconnaitre et pourtant, lorsque j’écris, je n’ai pas le sentiment de me mentir à moi-même. La seule et unique fois où cela est arrivé, je me suis arrêté en plein milieu de ma prose et j’ai décidé de tout effacer.

Je me pose également la question parce qu’à chaque relecture, je pense à la réaction de mes parents, et de l’impression que mes écrits peuvent leur laisser. Et la dernière chose que je souhaite, c’est leur donner l’impression que je m’apitoie sur mon sort ou que je pourrais leur reprocher quoi que ce soit.

C’est pourquoi je tiens à clarifier quelque chose d’important, notamment concernant Fear the Fear Itself

La vie que je vis aujourd’hui me convient en tous points. Si j’ai pu me laisser dériver quelques fois, cela n’aura pas été par un manque de décision de ma part, car refuser de faire un choix est un choix en soi. Je ne me sens pas victime d’une quelconque apathie me concernant, car je sais, et ceux qui me connaissent savent que lorsque je veux réellement quelque chose, je l’obtiens.

Ma vie au joies simples, je l’ai choisie. Lorsque nous avons eu notre premier enfant, mon mari et moi nous sommes lamentés sur le fait que nous ne pourrions plus voyager comme un couple sans enfant l’aurait fait. La vérité, c’est qu’avant d’avoir des enfants, nous n’étions pas de grands aventuriers.

De même, si je me suis complue dans des situations inconfortables, j’ai toujours eu le courage de faire les choix qui s’imposaient, avec le soutien de ma famille et en ayant son bien-être à l’esprit. Ne pas se mettre en danger, c’est aussi, dans la mesure du possible, ne pas mettre sa famille en danger.

Car aujourd’hui, mon aventure, c’est ma famille. Partir à l’aventure requiert du courage et la capacité à occulter les difficultés qui pourraient se présenter. Si l’on commence à penser à tout ce qui peut arriver, on n’avance pas.

Avoir des enfants présente, à mon sens, les mêmes capacités de courage et d’abstraction. Attendre la meilleure situation possible, penser aux problèmes à venir sont les meilleures raisons de ne pas fonder une famille.

L’aventure de ma vie ne sera pas de découvrir une culture oubliée, de parcourir le monde ou de faire la découverte scientifique du siècle.

Ma mission à moi est d’élever deux enfants du mieux que je peux, d’en faire des adultes responsables, respectueux de leur prochain et, pourquoi pas, en capacité d’être les découvreurs de cette fameuse civilisation, si l’envie leur en prend.

Je pense m’en sortir dignement et cet espace de discussion leur est ouvert.

Ils lisent régulièrement mes articles, me donnent leur avis, et s’octroient le droit de dire à leur prof de français que s’ils sont aussi bon en rédaction, c’est qu’ils le tiennent de leur mère.

Quand ils étaient petits, je me demandais ce qu’il leur resterait de moi plus tard. Je me rappelle avoir commencé à me parfumer pour cette seule raison : leur laisser au minimum un souvenir olfactif.

Aujourd’hui, je me rends compte qu’il y a plus à leur transmettre que la marque de mon parfum. 

Je ne sais peut-être pas jouer avec eux et je ne leur donne probablement pas toute l’attention qu’ils méritent. Mais j’espère qu’ils se souviendront de moi comme d’une maman à qui ils pouvaient parler, qui n’avait pas peur des mots et des idées. Et puis nous partageons un espace culturel commun, ce qui devient fréquent entre enfultes et adulescents. 

Ça devrait laisser quelques traces, à défaut de séquelles.

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Katia

Bloggeuse amateur & Ecrivain dilettante

Non, ce n’est pas moi sur la photo et c’est la raison pour laquelle j’écris et que je ne fais pas de vidéos.
Rêver sa vie ou vivre ses rêves ? J’avoue que je n’ai pas encore choisi. Et vous ?

Katia Lacourte

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